Le technicien français Claude Marie François Le Roy lors de la cérémonie de lancement de l’édition 2019 de “Graines du Togo”

La détection des jeunes footballeurs est une affaire sérieuse et complexe. Il s’agirait même de « l’acte le plus important dans la formation d’élite».

D’après Jean-Marc Guillou, ancien joueur et ancien entraîneur français, aujourd’hui formateur, “détecter un bon joueur, c’est d’une certaine manière découvrir un trésor.”

Au Togo, le technicien français Claude Le Roy,  longtemps critiqué pour ses résultats en dents de scie avec la sélection nationale a vite compris ces enjeux en  initiant depuis l’année dernière, au profit des jeunes footballeuses nées en 2002, 2003, 2004, 2005 et des jeunes footballeurs nés en 2003, 2004, 2005, et 2006,  un concours dénommé  “Graine du Togo”.

En formation, les spécialistes estiment que l’art ne réside pas à repérer les « meilleurs » jeunes joueurs mais ceux dont le potentiel paraît sans limite. Et c’est vrai.

Au Togo, le technicien français, Claude Marie François Le Roy initiateur de “Graines du Togo” veut à travers son projet,  dénicher tous les talents cachés  sur l’ensemble du territoire togolais afin d’aider le pays à disposer désormais d’une cartographie des meilleurs jeunes potentiellement doués pour la pratique du football de haut niveau. Le technicien français l’a lui-même exprimé ce mercredi lors  lors du lancement officiel de l’édition 2019.

“Nous, notre seul objectif, c’est de mettre en place des élites pour le haut niveau pour les années futures. La première année a servi de tamis pour ces gamins avec un ordre de qualité qu’on a mis sur les ordinateurs pour qu’il y ait moins de triche sur l’âge. C’est un de mes grands combats. La Coupe d’Afrique des moins de 20 ans peut-être suspicieuse sur certaines équipes. Gagner des compétitions avec des jeunes d’une moyenne d’âge de 25 ans chez les moins de 20, ça n’apporte strictement rien, puisque on voit des équipes africaines gagnées des coupes du monde chez les moins de 17 ou chez les moins de 20 ans. Il n’est pas encore arrivé au plus haut niveau pour que ces nations africaines gagnent une coupe du monde sénior. Ça veut dire que quelque chose ne va pas. Ce qui veut dire qu’on ne respecte pas l’âge et il y a beaucoup de travail à faire. En commençant à détecter les gamins de plus en plus jeunes, bien évidemment il n’y aura plus aucune possibilité de tricherie sur l’âge.”

Pour le président du comité exécutif de la FTF, le  projet « Graines du Togo » nécessite désormais une plus grande implication de son institution  notamment en ce qui concerne sa pérennité.

Colonel Guy Akpovy, président de la FTF

En effet, il convient d’apporter une vigilance extrême à une prédiction de la réussite future d’un joueur se fondant principalement sur ses premières performances.

Dans le cadre de l’édition 2019 du concours “Graine du Togo”,  760 éducateurs seront mis à contribution sur les 76 sites de détection. Les  épreuves seront notées sur la base d’un barème en tenant compte de l’âge des candidats.

Le caractère non prédictible des résultats précoces dans la projection de la performance adulte est à considérer à sa juste mesure.

La difficulté à pronostiquer le potentiel de développement d’un joueur est grande et plus l’opération de détection est précoce, plus le risque de se tromper s’avère important.

Une détection ambitieuse et réfléchie a donc pour vocation d’accroître la probabilité de repérer les joueurs à fort potentiel.

Une partie de l’assistance lors de la cérémonie de lancement de “Graines du Togo 2019”

C’est bien ce que le technicien français Claude Le Roy est en train d’expérimenter avec le Togo et les togolais.

Regrouper les joueurs togolais de «  talent  » pendant la période du concours  est un facteur majeur de progression individuelle et collective.

Quelques personnalités lors du lancement de “Graines du Togo 2019”

En effet, les meilleurs potentiels qui vont interagir  entre eux pourront générer une auto-formation riche et efficace, c’est-à-dire que chaque jeune joueur  tire profit des qualités des uns et des autres pour progresser.

Le « talent » est une notion qui s’est progressivement démocratisée voire « vulgarisée » avec la médiatisation du football. Nombreux sont les acteurs du  sport roi (entraîneurs, recruteurs, agents de joueurs, journalistes sportifs…etc) recherchant le joueur de « talent » aussi appelé “perle rare”, “phénomène”, “top-joueur”… mais très peu de ces acteurs ont finalement pris le soin de définir au préalable le « talent ».

La démarche est périlleuse mais indispensable car si l’on ne sait pas ce que l’on recherche, le risque d’erreur s’accroît inévitablement. Le « talent » peut être défini comme « la capacité à donner du sens à son action en situation de compétition ».

Autrement dit, «le joueur talentueux est celui qui saura prendre de bonnes décisions et donner du sens à ce qui est en train de se produire sous ses yeux ».

L’œil des observateurs doit donc se porter sur la capacité du joueur à créer ce sens, sur son intelligence de jeu en situation, qualité première dont un footballeur doit disposer. Cette définition sous-entend que le « talent » n’est pas quelque chose de figé, de déterminé mais qu’il s’agit d’un élément dynamique susceptible d’évoluer dans le temps.

Vivement que ce projet soutenu par le chef de l’État togolais, la Brasserie BB Lomé, l’entreprise de téléphonie mobile Togo Cellulaire, Total Togo et autres contribue à trouver des futures stars pour le Togo.

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